
Le concours de poésie « Voix Hautes » s’inscrit dans le cadre du Festival de poésie « Voix Hautes, quand la poésie prend de la hauteur » qui a lieu dans le quartier des Hauts-de-Chambéry, en Savoie. Les poèmes soumis au concours sont des oeuvres originales et personnelles, rédigées en français.
Lauréats du concours de poésie Voix Hautes 2025
Le Conseil de Quartier Citoyen des Hauts-de-Chambéry et la bibliothèque Georges Brassens, en partenariat avec la Ville de Chambéry et le site Poetica.fr ont organisé le concours de poésie Voix Hautes. Les candidates et les candidats de cette deuxième édition 2025 se sont inspirés du thème du Printemps des poètes 2025 : « La poésie. Volcanique ».
Lors de la finale du 29 mars 2025 à la Bibliothèque Georges Brassens de Chambéry, le jury a attribué un prix d’écriture pour la catégorie jeunes poètes (15-18 ans) et trois prix d’écriture pour la catégorie adultes. Le public présent a décerné un « prix spécial du public ».
Catégorie écriture jeunes (15-18 ans)
1er prix : Maya Juret, Amour explosif
Catégorie écriture adultes
1er prix : Guénaïs Bechikhi, Mots Volcaniques , Crise Autistique
2ème prix : Aïcha Mahieddine, Quand l’encre entre en fusion
3ème prix : Audrey Debuysscher, Surrection
Prix spécial du public : Guénaïs Bechikhi, Mots Volcaniques , Crise Autistique
Découvrez les textes du palmarès de Voix Hautes 2025
Amour explosif
Le garçon explore,
Yeux océans,
Cheveux d’or,
Corps seyants,
Accumulation de magma dans la chambre magmatique.
Regard furtif,
Cherchant ma silhouette,
Mains transies par le froid touchent le cœur en pendentif,
Fissure dans les roches.
Nos regards se croisent,
Séismes.
Il sourit,
Montée du magma dans le conduit.
Ses pas s’agrandissent,
Son corps est bientôt proche du mien,
Sueur sur mon front lisse,
Réchauffement des zones.
Ses mains m’enlacent,
Son corps complète mon corps,
Ma tête posée sur son épaule calmant mes angoisses,
Bouchon magmatique
Ses yeux curieux viennent chatouiller mes lèvres,
Puis-je ? me font-ils comprendre,
Vapeur d’eau.
Sa bouche se joint à mes lèvres folles,
Jouant une mélodie,
Mon cœur s’affole,
Nos corps tremblant en harmonie,
Mes mains timides en auréole,
Explosion.
Le volcan s’est réveillé.
Maya Juret
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Mots Volcaniques
, Crise Autistique 
Dans les profondeurs de mon être endormi
Gronde un volcan que nul ne lit
À la surface, tout est tranquille
Mais au fond, la lave file
Elle danse, elle tourne, elle brûle en secret
Prête à jaillir quand tout se tait
Un regard trop fort, un bruit trop vif
Et l’éruption devient un cri intensif
Le monde explose, je perds l’équilibre
Mon cœur s’emballe, ma voix se brise
Trop de bruits, trop de regards
Chaque son m’écorche, me met à l’écart
Mon corps subit, ma tête vacille
Trop de tempêtes dans ma coquille
Tourment vivant, prison de feu
Un cri de cendres, un cri des cieux
Les sons me cognent comme des pierres
Trop de lumière, trop de poussière
Je brûle en silence, je brûle en dedans
Chaque murmure devient ouragan
Les mots grondent, s’entrechoquent
Prisonniers sous ma langue en bloc
Ils flambent, ils poussent, veulent jaillir
Mais le monde me force à les retenir
Alors, je m’enferme dans mes flammes
Seule, prisonnière de mon âme
Un volcan ne choisit pas son réveil
Ni l’enfant son frisson face au soleil
Les secousses m’emportent, mon corps se plie
Mais dans ce chaos, une lueur grandit
Sous les laves, sous la douleur
Naît une île, un monde en couleurs
Et quand l’orage finit sa danse
Reste la force, reste l’essence
Sous les cendres, un feu résiste
Car même en crise, je suis artiste
Je suis un volcan, un océan d’étoiles
Un cœur en fusion sous un ciel d’opales
Guénaïs Bechikhi
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Quand l’encre entre en fusion
Quand le poète écrit, l’encre s’embrase,
Sous sa plume, la lave s’écrase.
Chaque mot bouillonne en nappes ardentes,
Chaque vers éclate en gerbe brûlante.
Il ne trace pas, il brûle la page,
Son souffle est braise, son verbe est rage.
Les lettres ruissellent en coulées vives,
Chaque strophe fume, chaque phrase dérive.
Son encre n’est plus qu’un fleuve en feu,
Un torrent noir, un cri des cieux.
Il crache des phrases en flots de soufre,
Des éclats d’or aux lueurs de gouffre.
Puis vient l’instant où tout s’apaise,
Où la lave retombe en mer de braise.
Le poème repose, tiède et puissant,
Figé dans la pierre, gravé par le temps.
Aïcha Mahieddine
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Surrection
Tu grondes
je tremble.
Tu éruptes
je m’érode.
Tu craches
je me fissure.
Tu exploses
je me pétrifie.
Tu dioxydes
je souffre.
Tu endors
je me fossilise.
Tu vulcanises
je dérive.
Tu asphyxies,
nuée ardente,
ce que rien jamais ne lave.
Et sur mes veines
persistent et saignent
les scories de ton soufflard.
Audrey Debuysscher

